Sunday, September 16, 2007

Day-FIVE : Rotwandhaus

Mercredi 12
Rotwandhaus - Taubensteinhaus

La météo a fait un petit virement de cap. Il est couvert mais il ne semble pas avoir de menace de pluie imminente. Au loin sur le Zillertal c’est même dégagé.

Nous prenons notre petit déjeuner à l’aise. Peu à peu, nous diminuons les quantités : un peu de muesli, un peu de pain avec de la charcuterie et des fromages, un peu de fruits. C’est vrai qu’il est difficile de se retenir quand on a tout cela devant les yeux, mais il faut penser à la route et il n’est point nécessaire de s’empiffrer.

La température est un peu plus agréable qu’hier. Je ne mets pas la veste car je sais que dans cent mètres je devrai l’enlever. Par contre j’ai conseillé à Evelyne de faire comme moi et de mettre les guêtres. Il n’y a point de neige où nous sommes maintenant mais je crains que plus loin, plus haut, ce soit le cas.

La montée jusqu’à la station Taubenstein s’est passée sans problème, ce n’est qu’à une centaine de mètres de différence de dénivelé. On ne le sent qu’un peu dans le souffle, les jambes ne le remarquent même plus.
Arrivés en haut, quel changement par rapport à hier. Il y a foule. On dirait une fourmilière. Cela doit bien marcher l’affaire du téléphérique à 8 Euros le voyage, en moins d’une demi heure ils se sont fait dans les 5.000 euros.
Il y a une soixantaine de personnes qui font partie apparemment de plusieurs groupes. Au loin je divise déjà un autre « troupeau » qui se dirige vers le Rauhkopf. De ceux qui restent, j’observe que certains même s’ils on l’air habillés pour marcher, n’ont pas de chaussures tout à fait adéquates. Ils n’iront pas trop loin.
Je ne suis même pas inquiet sans même pas forcer, je suis sûr que nous les sèmerons assez vite. Dès que cela commencera à monter ils ne sauront pas tenir notre rythme.
Comparé à d’autres randonneurs de la Compagnie Ardennaise, je suis très lent, mais j’ai une devise qui est la constance dans le rythme, surtout en montée. Je m’arrête souvent pour reprendre du souffle mais en général mes jambes ne sentent pas la fatigue, au moins dans les six premières heures.

Nous avons l’intention d’aller jusqu’au Rotwand et décider là ce que nous ferons ensuite. Nous connaissons le chemin car nous l’avons déjà fait à plusieurs reprises. Quelques montées au début jusqu’à atteindre les 1750, puis une descente et une remontée à nouveau jusqu’à environ 1.800 et puis le choix, soit le Rotwand 1885, soit la Rotwandhaus 1765.

Je ne me suis pas trompé, après quelques mètres, seul une dizaine de personnes sont en vue. D’ailleurs deux nous ont dépassé à un train qui me fait comprendre qui veulent fuir la foule.

Nous gardons notre rythme. Le sol, bien que boueux n’est pas trop glissant. Comme à l’habitude je suis assez vite trempé. Dès que ma chaudière commence à générer de l’énergie pour mes jambes, il faut que la vapeur sorte par quelque part, que la pression s’échappe. C’est la transpiration.
Nous arrivons aux premiers 1750 mètres plus que trois personnes en vue. La nature est à nous.
Arrivés au col qui descend vers la Rotwandhaus une dame, qui nous avait repéré nous attendait pour nous demander le chemin.
Je dois avoir l’air du coin car, depuis que nous sommes ici, il ne se passe pas une seule journée sans qu’on me demande la route. J’indique le chemin à la dame qui ne m’a pas l’air très rassurée.
La route qu’elle m’a demandée c’est comme cela. Même que je la connaissais par cœur, j’ai confirmé avec ma carte afin de ne pas l’envoyer faire un tour pour rien. Finalement la dame est partie vers la Rotwandhaus, un peu avant la maison, elle devrait bifurquer vers la gauche et suivre le sentier qui descend contournant le Rotwand, puis commencer à monter pour passer entre le Rotwand et le Miesing. D’après la carte il n’y a qu’un seul sentier, donc, pas de perte.
De toutes manières, bien que bien chaussée, et en bonne forme, elle ne m’a pas l’air trop sérieuse. Elle a un petit sac à dos genre ville et probablement pas de gourde. Souvent ces personnes ont de la chance et trouvent toujours un bon samaritain. Aussi en cas de tempête soudaine, ou conditions atmosphériques adverses, ce sont ces gens là qu’on trouve gelés et/ou inanimés.

Après avoir conseillé la dame, c’est à notre tour de prendre une décision. Tel que je vois le sentier qui monte au sommet cela ne m’augure rien de bon. En outre je ne vois encore personne au sommet, ni sur le sentier. Etant donné l’orientation nord je crains que la neige ne soit pas trop abondante. Je propose à Evelyne d’aller vers la Rotwandhaus et faire en fait le chemin que j’ai indiqué à la dame. C’est un bon tour et nous avons le temps. Il est à peine onze heures et demie.

Arrivés à la Rotwandhaus, la dame est toujours là. Finalement elle va faire demi tour et retourner par le chemin qu’elle est arrivée, en fait ce que nous avons déjà fait. J’avais déjà repéré la dame depuis le départ.

Nous lui souhaitons un bon retour et allons prendre une collation à l’auberge. Il y a déjà plein de monde, arrivés à pied, par la route, qui sont attablés en train de prendre leur repas de midi. J’ai encore le petit déjeuner dans la gorge.
Lorsque je sors pour préparer mon sac je vois à nouveau la dame qui revient avec d’autres personnes. Apparemment quelqu’un d’autre lui a donné les mêmes informations que moi et/ou qu’ils vont faire le chemin avec elle.

Nous reprenons la route. En fait nous empruntons le sentier qui descend vers le Soinsee, seulement que nous devrons bifurquer vers la gauche à un moment donné pour remonter vers le Miesing.
A présent nous sommes seuls. La plupart des gens semblent aller seulement jusqu’aux auberges et puis faire demi tour.

Le sentier descend assez, et par moments il est difficile de gérer les tronçons enneigés. Evelyne a cassé le câble de sa guêtre droite. Le mien il est cassé depuis des années. Ce n’est pas grave, la seule chose qu’il peut arriver c’est que la fonction primaire de la guêtre ne soit plus assuré. Mais en gros cela de doit pas poser de problème.
J’ai réussi à prendre en photo une marmotte avant qu’elle ne rentre dans son terrier. On verra si la photo est réussie. J’ai dû la faire avec le zoom au maximum.
Nous arrivons au plus bas de notre parcours d’aujourd’hui. A partir d’ici nous devons monter jusqu’au col de Miesing.



Après quelques mètres nous nous arrêtons pour notre collation de midi. Un bon biscuit de son avec un léger goût à de la cannelle. Quelques mètres avant d’atteindre le col, nous croisons un groupe d’une dizaine de personnes. Ils ont l’air contents. Ils descendent, nous montons. Ils vont probablement au Soinsee ou au Rotwand.

Arrivés au col, nous distinguons à peu près ce qu’il nous manque à faire. Bien que cela n’a pas l’air loin, je ne me laisse pas berner. Heureusement j’ai l’habitude et je peux évaluer la distance réelle avec assez de précision. Par contre ce que je vois, m’indique que bien que quelques descentes et quelques montées, la topographie n’est pas agressive, donc assez relax. En gros, une descente de niveau d’environ trois cents mètres et une remontée similaire. Puis arriver à la Taubenstein et descendre à note Maxlraineralm.

Le chemin qui descend c’est de l’autoroute-path. Heureusement après environ un kilomètre, un vrai sentier part vers la gauche dans le sens qui nous intéresse. Nous arrivons ainsi à la Taubensteinhaus. L’endroit ou la dame devait arriver.

En principe, je ne comptais pas m’arrêter car nous ne sommes plus qu’à environ une vingtaine de minutes de chez nous. Mais Evelyne aimerait prendre un Apfelstrudel. Je prendrai un chocolat chaud.
Nous nous installons sur la terrasse. Bien qu’il fasse un peu frisquet, nous restons en T-shirt et gilet polaire.
Pendant que je consomme, j’observe les autres qui nous observent. Au but d’un moment je comprends pourquoi. Nous avons les bottes et la partie d’en bas des guêtres pleines de boue. Nous transpirons et sommes heureux de nous asseoir un moment.
Les personnes assises ci et là, sont habillés pour la randonnée mais, à mon avis, ils n’ont marché que de la station téléphérique jusqu’ici, à peine cinq minutes sur un sentier qu’un aveugle n’aurait pas de problème à suivre tellement il est aménagé.
C’est ce que j’appelle des randonneurs virtuels. Ils sortent se faire voir dans leurs équipements de montagne, et puis raconteront qu’ils ont été ici et là. En fait, je m’en fous, il faut bien de tout pour faire un monde.

Après avoir consommé nous reprenons la route et arrivons chez nous vers trois heures et quart. Nous étions partis vers dix heures ce matin.
Je consulte le GPS et ses données concordent avec mon calcul mental. Nous avons marché pendant trois heures et avons été à l’arrêt pendant deux heures environ. En tout nous avons parcouru l’équivalent de huit kilomètres et demi, quoique en montagne cela ne veut rien dire. Notre vitesse de croisière a été de deux kilomètres huit cents mètres.

La première action, arrivés au chalet, chez nous, c’est enlever nos bottes et vêtements transpirés pour les faire sécher et prendre une bonne douche.
En tout cas, c’est chouette d’être les seuls à l’auberge ; ainsi on ne doit pas s’inquiéter d’autres occupants ni devoir faire la file à la douche.
Je me souviens encore il y a quelques années qu’on était justement à Rotwandhaus et qu’un groupe qui logeait où nous étions commençait à rentrer. Nous avos mis le turbo pour être les premiers aux douches.

Le temps est magnifique maintenant. Le soleil brille et le ciel est dégagé.
Pour notre goûter nous avons reçu un morceau de tarte avec le café/té.

Le souper, à six heures vingt, nous a bien goûté. La soupe, une sorte d’oiseau sans tête avec des pâtes, de la betterave rouge avec des pommes et de la salade, plus le dessert.

Maintenant il faudra faire le plan pour demain.
S’il fait bon, ce qui semble être la tendance. Nous pourrions aller vers le Jägerkamp et boire un verre de lait, chez Elke, à la Jägerbauernalm.

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